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Qui peut dire qu'il est tel qu'il a été, il y a 5 ou 10 ans? Rien n'est donc plus difficile que de se définir, car la personnalité est un critère mouvant. La vie faite de souffrances, de joies et de découvertes se charge de la façonner. Nous sommes tous des êtres en perpétuel devenir, guidés par des valeurs immuables mais par des aspirations ou des goûts fluctuants.
J'ai toujours aimé marcher, mais ce n'est que depuis une dizaine d'années que cette activité a pris une importance presque vitale.
J'aime aussi lire, écouter de la musique, je n'en joue plus. J'aime aussi créer de mes mains et rêver...
Demeurant près de Strasbourg, les randonnées présentées dans ce blog sont effectuées dans les Vosges et en Alsace. A la fin de chaque article, l'itinéraire est succinctement décrit. Néanmoins, la carte IGN reste l'outil indispensable pour visualiser précisément le parcours.
Vouloir sauver sa planète est une opération qui
n'est pas de tout repos. C'est affaire de volonté, d'organisation et d'un tantinet de courage.
Quartier Nord de Saint Dié
Une fois encore, comme cela m'arrive depuis que j'ai repris mes escapades dans les Vosges, j'ai souhaité éviter
à l'Alsace de suffoquer davantage sous les nuages de gaz à effet de serre sous prétexte d'aller prendre l'air –frais et pur- sur les hauteurs, en laissant ma petite voiture au
garage.
Il faut donc s'y prendre à l'avance; impossible d'improviser au dernier moment. La préparation de l'expédition commence par le choix d'un itinéraire qui débute et se termine en un lieu desservi par une gare routière ou ferroviaire.
Il faut ensuite se rendre sur la page Internet " SNCF-TER ", recenser les horaires de trains et choisir celui qui pourra vous acheminer au point de départ suffisamment tôt et celui qui vous ramenera près de chez vous au terme de votre promenade. Le parcours choisi sera donc effectué dans un sens ou dans l'autre en fonction de ce critère.
Ne pas se laisser impressionner en voyant affiché " Strasbourg –Saint Dié: départ 7h51.", ce qui, par un rapide calcul vous laisse entrevoir un réveil à 6h30 et un départ de la maison pour vous rendre à la gare vers 7h15.
L'alarme du réveil vous plonge dans un dilemme insupportable: pourquoi se lever aussi tôt qu'un jour de boulot alors qu'on pourrait dormir voluptueusement au chaud encore deux heures ? Oui, mais voilà, après ces deux heures de grasse matinée, les regrets vous assaillent immanquablement devant la perspective d'une journée où vous allez vous abîmer (c'est le mot exact!) dans la correction de quelques paquets de copies (si vous êtes prof!) ou faire la fée (carabosse) du logis.
Un sursaut d'énergie vous pousse alors hors du lit.
Un peu de covoiturage – c'est très tendance- jusqu'à la gare de Strasbourg et départ pour le grand frisson.
Dix minutes au bas
mot, sont nécessaires pour convaincre l'hôtesse d'accueil qu'il existe bien un train pour Saint Dié qui part à 7h51. Ne vous découragez pas.
Insistez. Même si elle prétend connaître son métier, prétendez de votre coté que vous savez lire et comprendre une page Internet. Et là, après une
passe d'arme de quelques minutes, le miracle se produit: la copine du guichet 4 lui conseille de voir un trajet via Sélestat. Ouf, juste le temps de composter et de sauter dans le TER200
!
Vers "Les
Quatre Bornes" sur le sentier des Ducs avant Saales
A Sélestat, le car TER attend sur la place de la gare. Ambiance décontractée. Le chauffeur devant son véhicule discute en plaisantant et fume en compagnie d'habitants du quartier ou de copains
qui ne semblent être ici que pour tailler la bavette avant le départ. Les voyageurs montent: les habitués devant, les occasionnels derrière. A l'heure du départ, le chef de gare arrive d'un pas
nonchalant – grand échalas avec une queue de cheval, serré dans son uniforme réglementaire- s'immisce dans la conversation pendant quelques minutes avant de jeter négligemment un œil
sur sa montre.
On est déjà en retard, mais peu importe, probablement dans la vallée personne ne sait précisément à quelle heure arrive le car.
Mollement le chauffeur s'installe, contrôle les derniers arrivants.
"Quand tu veux", lâche le chef de gare
agitant sans conviction son arme magique capable de faire partir n'importe quel train ou bus.
Après quelques soubresauts, le car démarre dans un toussotement, vire et se lance. Aux premiers rangs, on bafoue sans vergogne l' "Interdiction de parler au chauffeur". Les conversations vont bon train. C'est "Radio Vallée de Sainte Marie". Chacun y contribue par une réflexion, une information ou une récrimination. Le collectif d'animation est mouvant au gré des arrêts. Certains désertent, d'autres se rajoutent, modifiant ainsi le fil de la discussion.
Les occasionnels
écoutent d'une oreille distraite les propos auxquels ils ne comprennent rien.
Vers "Les Quatre Bornes" sur le sentier des Ducs avant Saales
Attention, maintenant c'est du sérieux. On aborde les lacets qui montent au Col de Sainte Marie aux Mines. La couche de neige épaissit, la route est dégagée mais qui
sait si une plaque de glace n'a pas été oubliée dans un virage ! Le chauffeur doit se concentrer s'il ne veut pas envoyer tout son petit monde dans le fossé. Alors on se tait pour le laisser
oeuvrer en paix. On s'occupe à admirer le paysage… qui est sublime.
Arrivée à Saint Dié à 9h 30.
Randonnée de 22 kilomètres, entre grisaille, brume et soleil timide, sur un chemin enneigé qui a de la peine à se laisser apprivoiser en raison du manque de balises à certains endroits et de l'absence de traces.
Arrivée à Saales, je reprends après une très courte attente un TER pour Strasbourg, suivi de quelques minutes de tram et pour arriver à la maison un bus CTS…
Vouloir sauver sa planète est peut-être une
entreprise un peu difficile, mais pas impossible, qui ne gâche en rien une journée de liberté à s'enivrer d'air pur sur les chemins.